Virements
Virement envoyé au mauvais IBAN : que faire ?
Publié le

En bref
Tout dépend de ce qu'il advient de l'IBAN erroné. S'il ne correspond à aucun compte valide, le virement est rejeté et les fonds reviennent d'eux-mêmes. S'il correspond à un compte réel, les fonds y sont crédités — et votre banque ne peut pas les reprendre d'autorité : elle doit demander l'accord du titulaire. La restitution n'est donc jamais garantie, et chaque jour compte.
Deux scénarios, deux issues très différentes
Un IBAN comporte une clé de contrôle : une faute de frappe rend le plus souvent l'identifiant invalide, et l'opération est alors rejetée avant même d'aboutir. C'est le scénario favorable.
Le scénario défavorable est celui où l'IBAN erroné correspond, par malchance ou par confusion entre deux comptes que vous connaissez, à un compte réellement existant. Les fonds y sont crédités normalement, et leur récupération dépend alors du bon vouloir de son titulaire.
| Cas | Ce qui se passe | Délai indicatif |
|---|---|---|
| IBAN invalide | Rejet automatique, retour des fonds | Quelques jours ouvrables |
| IBAN valide mais inconnu | Crédit sur un compte tiers, accord nécessaire | Variable, sans garantie |
| IBAN d'un ancien bénéficiaire | Crédit sur ce compte, accord nécessaire | Souvent plus simple à régler à l'amiable |
Que faire immédiatement
Rassemblez les éléments
Notez la référence de l'opération, la date d'exécution, le montant et l'IBAN effectivement saisi, tel qu'il apparaît dans le détail de l'ordre — pas de mémoire.
Signalez l'erreur à votre banque
Sans attendre, et par écrit si possible. Plus le signalement est proche de l'exécution, plus les chances d'intervention sont élevées, notamment si les fonds n'ont pas encore été mobilisés.
Demandez une démarche de récupération
Votre banque contacte celle du bénéficiaire, qui sollicite l'accord de son client. C'est cet accord qui conditionne la restitution : sans lui, la banque destinataire ne peut pas débiter le compte.
Surveillez le retour des fonds
Un rejet automatique se traduit par une ligne au crédit sur votre compte, généralement sous quelques jours ouvrables.
Ce que votre banque peut, et ne peut pas
C'est le point le plus mal compris. Une banque ne peut pas débiter le compte d'un client pour corriger l'erreur d'un autre : le compte crédité appartient à son titulaire, et seul son accord — ou une décision de justice — permet d'en retirer des fonds.
Ce que la banque peut faire : identifier l'opération, contacter l'établissement destinataire, transmettre la demande de restitution, et vous communiquer le résultat de la démarche. Des frais peuvent être facturés pour cette recherche, selon la tarification en vigueur.
La vérification du nom du bénéficiaire
Depuis le 9 octobre 2025, votre banque vérifie avant validation que le nom du bénéficiaire correspond au titulaire du compte associé à l'IBAN. Ce dispositif, déployé dans toute la zone euro, réduit fortement le risque d'erreur de saisie.
Il ne le supprime pas pour autant : l'avertissement peut être ignoré au moment de valider, et une correspondance approximative n'est pas toujours signalée. Un avertissement de non-correspondance doit conduire à interrompre l'opération, pas à passer outre.
Le cas particulier du faux RIB
Si l'IBAN erroné provient d'un email annonçant un changement de coordonnées bancaires, la situation n'est plus une erreur de saisie mais probablement une fraude. La démarche change : au signalement bancaire s'ajoutent un dépôt de plainte et la conservation de tous les messages reçus.
Les mécanismes de cette fraude sont détaillés dans email bancaire frauduleux : comment le repérer.
Comment ne pas recommencer
Les vérifications à faire
- Copiez-collez l'IBAN plutôt que de le saisir : la plupart des erreurs viennent de la frappe manuelle.
- Vérifiez les quatre premiers caractères — code pays et clé de contrôle — puis les quatre derniers.
- Confirmez tout changement d'IBAN par un canal différent de celui qui l'a annoncé.
- Pour un premier versement important, envoyez un petit montant test et faites confirmer sa réception.
- Ne passez jamais outre un avertissement de non-correspondance du nom du bénéficiaire.
Ai-je droit à un remboursement automatique ?
Non. Une erreur d'IBAN commise par le donneur d'ordre n'ouvre pas droit à un remboursement automatique par la banque : l'opération a été exécutée conformément à l'instruction donnée. La banque doit en revanche s'efforcer de récupérer les fonds.
Combien de temps la démarche prend-elle ?
Il n'existe pas de délai standard : elle dépend de la réactivité de la banque destinataire et de la réponse de son client. Comptez plusieurs semaines, sans certitude d'issue.
Puis-je connaître l'identité du destinataire ?
Non, le secret bancaire s'y oppose. Cette information ne peut être obtenue que dans un cadre judiciaire.
Les contenus de BanqueFacile.fr sont fournis à titre informatif. Ils ne constituent ni un conseil financier, ni un conseil juridique ou fiscal personnalisé. Les règles évoluent et les conditions varient d'un établissement à l'autre : vérifiez votre situation auprès de votre banque ou d'un organisme officiel compétent.
Sources officielles
- Virement bancaire
Service-Public.gouv.fr — page consultée le 9 août 2026
- Les virements bancaires plus sécurisés grâce à une nouvelle étape de vérification
Service-Public.gouv.fr — page consultée le 9 août 2026
- Contester une opération figurant sur son relevé de compte (modèle de lettre)
Service-Public.gouv.fr — page consultée le 9 août 2026
À vérifier aussi
- Virements« Le nom du bénéficiaire ne correspond pas » : que faire ?Depuis octobre 2025, votre banque vérifie que le nom saisi correspond au titulaire du compte. Ce que signifie chaque type de réponse, et pourquoi un avertissement doit arrêter l'opération.
- VirementsMon virement n'est pas arrivé : que vérifier ?Trois vérifications expliquent la grande majorité des virements qui n'arrivent pas : le débit effectif, l'IBAN saisi et la date d'exécution retenue. Et le moment où il faut passer à l'écrit.
- ArnaquesEmail bancaire frauduleux : comment le repérer ?Adresse d'expédition, destination réelle des liens, pièces jointes : les vérifications concrètes avant tout clic, et le cas particulier du faux RIB envoyé par email.